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Un travail qu’on n’oserait pas demander à Hercule même transformé en cyborg. Et pourtant ce défi, ce pari a été relevé.” |
Une affirmation qui a surmonté les siècles, tant il est vrai qu’à l’ère de l’internet et autres nouvelles technologies de l’information, une ville ne saurait penser son avenir sans référence à son passé, en le méconnaissant. Le classement de Lyon au patrimoine mondial de l’UNESCO et le rayonnement qu’elle devrait retirer de celui-ci en étant le meilleur exemple.
Cela étant dit,
lorsqu’on connaît ou plutôt lorsqu’on subodore le poids, le volume, la
richesse des archives accumulées au fil des siècles par une ville comme
Lyon, on se dit à priori : impossible de basculer, de transférer, de
présenter ou même de répertorier celles-ci sur un site Web. Un travail
qu’on n’oserait pas demander à Hercule même transformé en cyborg. Et
pourtant ce défi, ce pari a été relevé.
Conçu et réalisé
par Jacques Branciard, historien et infographiste, ce site, qui représente
la première étape de modernisation des archives lyonnaises, n’est pas,
disons-le tout de suite, un site de vulgarisation, un quelconque résumé
encyclopédique du patrimoine lyonnais archivé, bref un site grand public,
facile, bien cerné, bien didactique.
Non, il s’agit plutôt d’un puits
sans fonds d’informations, de documents, de connaissances où le curieux,
où le passionné d’histoire, récente ou ancienne, n’hésitera pas à plonger
jusqu’à se noyer.
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Entre «Rolne» et «Sone», une représentation de Lyon vers 1520 (tapisserie). Une des 3000 illustrations plein écran du site. |
Il
offre notamment aux « chercheurs », patentés ou non, les catalogues de
l’ensemble des séries anciennes, un guide des fonds destiné aux
généalogistes et, pour les séries modernes et contemporaines, l’état des
versements jusqu’en 1997. Plusieurs volets, instruments de recherche
illustrés, ont particulièrement attiré notre intérêt : « Forma Urbis »
(plans de Lyon du XVe au XXe siècle), « Fragile Mémoire » (collection de
clichés sur verre), « Les régimes passent, Lyon demeure » (affiches
politiques de 1814/Première Restauration à 1852/Second Empire), « Jadis et
naguère sur les murs de Lyon » (affiches publicitaires) ou encore « Les
cinémas de Lyon » de 1895 à 1995.
En tout près de 10 000 fichiers, 500
répertoires, 50 000 liens et plus de 3000 illustrations plein écran.
Un sacré voyage
dans le temps auquel il faut ajouter plusieurs services : cours de
paléographie, mémento de l’histoire de Lyon (grandes dates, maires,
monuments…), programme de conférences, sans oublier une visite guidée du
futur Centre de conservation et de consultation des archives de la rue
Dugas-Montbel. Un site qui mérite plus d’un détour.
Bruno THOMASLe PROGRES
Jeudi 20 janvier 2000
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